
la Cie aiA , dès ses débuts, manifeste sa vocation pour les créations théâtrales où se rencontrent et se mélangent les cultures. Ainsi elle crée et tourne : au Luxembourg, en collaboration avec le Théâtre d’Esch-sur-Alzette, Un Singe à l’Académie, d’après Kafka. Toujours au Luxembourg, Les rêves d’Anne Frank de Bernard Kops. En Grèce, coproduit avec la Compagnie Pedion d’Athènes Hamlet sauce piquante de Aldo Nicolaï (95). En Allemagne, avec la Compagnie Mummpitz de Nüremberg Conte de l’Île inconnue de José Saramago. En France, Frida Kahlo, une palette rouge sang de Valeria Moretti.
Grâce aux ateliers de théâtre que Jean-Paul Denizon anime et dirige dans de nombreuses villes de France et à l’étranger, avec la même passion qu’il consacre à la mise-en-scène, un noyau de jeunes comédiens, metteurs-en-scène, écrivains, clowns, etc., se sont rassemblé au sein de la Cie.
1998, le tournant : la compagnie s’intéresse aux formes animées et crée un spectacle destiné au jeune public, Qu’y a-t-il
dans la malle du Capitaine ? Le metteur-en-scène, Benoît Richter, et les comédiens-manipulateurs, Yves Castellano, Arnaud Caron et Melita Poma s’étaient tous rencontrés lors d’un atelier de Jean-Paul.
En 2004, ce spectacle tourne encore, en France et à l’étranger, participant notamment à de nombreux festivals internationaux.
Le succès de leur premier spectacle dans le domaine du théâtre de figure, pousse les trois comédiens de La Malle à une nouvelle création Moi qui marche qui voit le jour en 2003 sous la direction de Jean-Paul Denizon. Dans les deux créations la Cie aborde d’emblée des sujets de réputation délicate (le deuil, l’expérience douloureuse de la perte, la transmission d’un héritage affectif dans La malle du capitaine, la résilience dans Moi qui marche, parce-que « les enfants se posent des questions fondamentales qui méritent des réponses que les adultes, par peur, ne leur donnent presque jamais… Il faut leur repondre, même si des grosses émotions sont en jeu. Cela nous conforte dans nos choix. » (Jean-Paul Denizon).
Dans son approche des formes animées, la compagnie privilégie la manipulation à vue inspirée du Bunraku japonais,qui met à nu le mécanisme du jeu entre manipulateur et marionnette et démasque l’illusion théâtrale qui, dans le théâtre traditionel, est crée par le montreur caché et la marionnette « vivant » les émotions. Avec la manipulation à vue la marionnette est à la fois acteur vivant, personnage, et simple poupée en bois/chiffon. Tandis que le comédien est à la fois simple manipulateur et protagoniste de l’histoire, qui vit les émotions et les « prête » à sa marionnette.
En 1999 débutent les travaux de restauration d’un ancien batiment situé dans un petit village de la Nièvre, à 200 km de Paris, que la Cie a acquis dans le but de créer un Centre International de Formation Professionnelle pour les Artistes du Spectacle, le Petit Fort. Un lieu, notre lieu, proposant accueil et espaces de travail où créateurs, formateurs, compagnies, réputés sur le plan national et international, sont invités à partager leurs compétences et pratiques avec un large public d’artistes, professionnels ou non. Dans un cadre convivial, en contact avec la nature, loin de la ville et de ses contraintes, le Petit Fort, soutenu par l’AFDAS, subventionné par l’Europe et l’Etat français, ouvrira ses portes en 2005.