
L’expression sur scène devrait être le résultat de l’équilibre entre notre univers mental, notre monde affectif et notre corps, dans la relation à nos partenaires. C’est cet équilibre qui donne à l’acteur l’évidence à sa parole, à ses gestes, à ses émotions.
Dans la vie, c’est facile, ça “se fait” tout seul, sans qu
e la conscience du phénomène ait besoin d’intervenir : à toute attitude de notre corps correspond un “état d’âme”, à chacun de nos “états d’âme” notre corps se place toujours de lui-même en adéquation avec notre pensée et notre coeur, d’une manière vivante, directe, que l’on soit à l’aise ou pas avec nous-même ou les autres.
C’est dans ce vivant qu’il nous faut retourner lorsque l’on va sur scène, afin de ne pas rester au niveau réducteur de l’intellectualisme, de l’intention, de l’attitude, de l’émotion brute, du psychologisme ou de la théorie.
Dans le vivant, en sachant qu’il nous faudra être plus présent, plus vif, plus vigilant, plus attentif, plus ouvert et disponible que dans la vie, car le théâtre ne perd pas de temps et ne se contente que de l’essentiel.
Pour acquérir ces qualités on doit s’exercer, expérimenter, et non pas faire des discours. Notre pratique est concrète : beaucoup d’exercices* (presque jamais les mêmes) qui mettent toujours en relation le corps, la pensée et l’émotion de façon à comprendre leurs imbrications, leurs relations, leurs limites, et la richesse, la variété d’expression qui découlent de leur fusion, de leur équilibre.
Ces exercices ne sont jamais “psychologiques”. Ils tiennent davantage du jeu, malgré leur complexité et leur difficulté d’exécution, car il est important qu’un être s’épanouisse dans la joie : il travaille mieux ainsi.